mardi, mars 06, 2007


Mario Dumont a dû défendre avec énergie son candidat Jean-François Plante, ce soir, après que le chef libéral Jean Charest eut réclamé la tête de cet adéquiste pour avoir tenu des propos très controversés.

Jean-François Plante, porte-étendard adéquiste dans la circonscription de Deux-Montagnes, s'est retrouvé dans la tourmente à cause de ses commentaires tenus dans le cadre d'émissions de radio diffusées sur Internet. Il y remettait en question, entre autres, les statistiques sur la violence faite aux femmes et le principe d'équité salariale.

Il n'en fallait pas plus pour que le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Jean Charest, exige sa démission. Sur un ton grave, le chef libéral a soutenu que les propos de Jean-François Plante avaient pour effet de "banaliser" les massacres de la Polytechnique et du collège Dawson. «À mes yeux, il ne devrait pas seulement être discipliné, il devrait démissionner», a fait valoir M. Charest.

Réagissant à la sortie de son adversaire libéral, le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, s'est porté à la défense de son candidat. «C'est une carrière de polémiste. J'ai eu l'occasion de lui parler pour lui dire qu'à l'ADQ, il y a des principes incontournables», a soutenu lundi soir M. Dumont, qui a ajouté un point de presse à son horaire pour répliquer à M. Charest.

La joute verbale entre le chef libéral et le chef adéquiste a atteint un sommet, lundi. Lors d'un discours à Gatineau, M. Charest en a même rajouté en faisant un décompte de 10 citations douteuses de la part de 10 candidats adéquistes, un exercice visant à les ridiculiser et à attaquer la crédibilité de l'équipe de l'ADQ. Ces citations n'ont pas toutes été faites dans le cadre de la campagne.

À ce petit jeu, M. Charest n'était pas le seul participant. M. Dumont s'est fait un malin plaisir à rappeler que les propos étranges n'étaient pas l'exclusivité de l'ADQ. Au scrutin de 1998, le candidat libéral de Jean Charest dans Richelieu, Gilles Ferlatte, avait vanté les motards. «Il y a eu un candidat libéral qui a dit que les Hell's Angels étaient du bien bon monde et M. Charest l'a gardé jusqu'à la dernière journée. Alors pour les leçons de Jean Charest, et bien mon oeil!» a lâché M. Dumont.

M. Dumont a aussi remis aux journalistes des propos tenus par Jean Charest en 1997, alors qu'il était chef conservateur. Ce dernier, opposé au registre des armes à feu, avait dit que débat dans ce dossier était plus émotif au Québec à cause du massacre de la Polytechnique. Selon le chef adéquiste, les «libéraux ont perdu la bataille sur le plan des idées et c'est pourquoi ils veulent amener la bataille sur le plan du salissage».

Reste que ce n'est pas la première fois, depuis le début de la campagne, que le chef de l'ADQ doit se dissocier d'un candidat. La veille, il avait été forcé de tempérer les ardeurs de son candidat dans Montmagny-L'Islet, Claude Roy, un spécialiste de chasse et de pêche qui avait dénoncé le registre des armes à feu mis en place par le gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien.

Dans le cas de M. Parent, ce sont ses propos tenus lors d'une émission de radio diffusée sur le site Radioxtrm (radio extrême), le 26 décembre 2006, qui l'ont placé dans l'embarras. L'adéquiste condamnait les activités commémoratives du 6 décembre, qui soulignent chaque année le meurtre de 14 jeunes femmes à l'Ecole polytechnique de Montréal en 1989.

De plus, dans cette émission, Jean-François Plante se targue de ne pas porter le ruban blanc commémoratif de la tragédie et met en doute les statistiques sur la violence faite aux femmes. Dans une autre de ses émissions, l'animateur remet aussi en question le bien-fondé de l'équité salariale; ou encore il y affirme que les Québécois ont souvent un profil de petits «crosseurs», que les Mexicains sont «un peu plus magouilleurs».

En fin de journée, devant la tempête déclenchée par toute l'affaire, M. Parent tentait de calmer le jeu en publiant une «mise au point». Dans ce communiqué de presse, le candidat rappelle que ses propos ont été «émis dans le cadre d'une émission de radio polémiste» et que, «s'ils ont pu porter à interprétation, je m'en excuse et je tiens à réitérer mon adhésion profonde aux principes de l'égalité des personnes et de la non-violence».

Au sujet de son candidat Plante, M. Dumont a ajouté: «Il y a au Québec des animateurs de radio qui discutent ferme et c'est un métier. Mais faire de la politique et vouloir représenter un comté, c'est un autre métier, et c'est dans celui-là maintenant que M. Plante est et il le comprend très bien».

Le chef adéquiste en a profité pour dénoncer la stratégie libérale qui, à son avis, consiste à fouiller dans le passé des candidats adéquistes afin d'y trouver des éléments susceptibles de déstabiliser l'ADQ.

«Moi, je vais m'occuper de discipliner nos candidats. Que Jean Charest réponde de quatre ans d'un gouvernement qui n'a pas répondu aux besoins des Québécois!» a lancé Mario Dumont, qui ne manque pas une occasion d'attaquer le bilan du gouvernement Charest.

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