mercredi, mars 28, 2007

Londres gèle ses relations avec Téhéran

Londres a haussé le ton, mercredi, réclamant une augmentation de la pression diplomatique internationale sur Téhéran pour obtenir la libération de ses 15 militaires détenus depuis vendredi dernier par l'Iran.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, a d'ailleurs annoncé le gel de tous les échanges bilatéraux avec l'Iran, à l'exception des négociations en vue d'obtenir la libération des prisonniers britanniques.

Lors d'un point de presse, mercredi, le premier ministre britannique Tony Blair a estimé qu'il était temps d'accroître la pression sur la République islamique, qualifiant la détention des militaires de « complètement injustifiée, inacceptable et illégale ».

Selon le ministère britannique de la Défense, un relevé satellite prouve que les militaires se trouvaient à 3,5 kilomètres à l'intérieur des eaux irakiennes lorsqu'ils sont tombés dans une embuscade iranienne.

L'ambassade iranienne à Londres a aussitôt rétorqué que les Britanniques se trouvaient dans les eaux territoriales iraniennes au moment de leur arrestation.

L'agence de presse iranienne Isna rapporte quant à elle que la seule femme parmi le groupe de militaires britanniques actuellement détenus en Iran pourrait être relâchée d'ici quelques heures.

Évacuation de colons juifs

En Cisjordanie, des centaines de policiers israéliens ont évacué quelque 400 colons juifs et militants de droite d'une ancienne colonie juive, démantelée en 2005.

La police indique qu'au début les policiers ont rencontré de la résistance, mais l'évacuation a eu lieu sans incident.

La police a indiqué que des enfants et des femmes se trouvaient sur les lieux.

Les colons et les militants de droite avaient réoccupé lundi les ruines de Homesh lors d'une opération médiatisée. Ils ont affirmé leur intention de demeurer sur les lieux pour réparer selon eux « l'erreur historique » de l'évacuation unilatérale de cette colonie juive et de trois autres du nord de la Cisjordanie occupée en août 2005.

La totalité des colonies juives de la bande de Gaza avait alors été également démantelée sur décision du gouvernement israélien de l'époque dirigé par Ariel Sharon.

Les organisateurs de la réoccupation du site de Homesh ont qualifié de « réussite » leur opération.

Les colons et les militants de droite ont passé deux nuits sur le site sous la protection de l'armée, les autorités ayant hésité à donner des ordres fermes pour les déloger.

La sécurité s'invite dans la campagne

Dans la soirée de mardi, l'arrestation musclée d'un voyageur circulant sans billet a provoqué des affrontements entre des dizaines de jeunes et des policiers. On dénombre neuf blessés, huit employés de la gare et un policier. Treize personnes ont été arrêtées, et les heurts, qui ont causé de nombreux dégâts matériels, n'ont pris fin que très tard dans la nuit.

Ces incidents ont rapidement déclenché un vif échange d'accusations entre les principaux candidats Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Mme Royal a affirmé mercredi que les affrontements de la gare du Nord montraient « l'échec sur toute la ligne » de la droite en matière de sécurité depuis 2002, à l'arrivée de M. Sarkozy au ministère de l'Intérieur.

De son côté, le député socialiste Jean-Christophe Cambadelis avait dénoncé un « climat sarkozien fait de tensions, d'exactions, de violence verbale et de stigmatisations ».


Photo: AFP/Jacques Demarthon

Des émeutiers à la gare du Nord, à Paris mardi.

La réaction de Nicolas Sarkozy ne s'est pas fait attendre. À la gare du Nord où il devait prendre le train, le candidat de la droite a expliqué « qu'il y a un certain nombre de valeurs qu'il faut remettre en place, celle de l'autorité et du respect ». Si Ségolène Royal et la gauche veulent « être du côté de ceux qui ne paient pas leur billet dans le train, c'est [leur] choix. », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, des opposants à M. Sarkozy insistent sur le fait que la situation dans les banlieues reste explosive, et que M. Sarkozy, fustigé par nombre de jeunes, ne peut pas s'y rendre en campagne par crainte d'incidents.

Ces scènes ont en effet rappelé les émeutes qui avaient secoué les banlieues durant trois semaines à l'automne 2005 et conduit à l'instauration de l'état d'urgence.

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